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LA PETITE SŒUR 
Frédéric, Freddy, Teddy ou Didou, cela est le même petit garçon mais
ses parents l’appelaient parfois d’un nom parfois d’un autre, il était fils unique
et trouvait cela fort bien.
Il était gâté, choyé et lorsque papa ou maman parlait de petite sœur,
il se mettait en colère et tapait du pied, alors ses parents ne parlaient plus
de petite sœur pendant un certain temps. Didou devenait très égoïste
et le moment arriva de le mettre à l’école, maman alors s’ennuya à la
maison toute seule, et on reparla du bébé, mais Freddy n’avait
pas changé d’avis, pas d’autre petit enfant à la maison pour casser
ses joujoux, pleurer et prendre maman pour lui tout seul.
Papa et Maman décidèrent cependant du contraire et quelques mois plus tard
le ventre de maman s’arrondi et papa expliqua à Didou que le bébé
était à l’intérieur. Il était furieux et lui qui avait toujours trouvé sa maman
la plus belle du monde, lui annonça un jour « tu es grosse et laide » .
Maman avait du chagrin,
mais son sourire revenait
lorsqu’elle préparait les petites brassières, le berceau et les différentes
choses pour le bébé. Elle tricotait aussi et Frédéric la regardait
méchamment, pourtant maman était toujours très gentille avec son fils
qu’elle adorait.
Maman devenait de plus en plus grosse et papa
confia un soir Frédéric à sa mamie pour conduire maman à la clinique.
Le petit garçon eut alors très peur pour maman car il l’aimait toujours
très fort, dans le fond de son cœur. Il dormit mal et regretta ses méchancetés.
Au matin, papa vint le réveiller avec un grand sourire et dit doucement :
« Frédéric mon chéri, ta petite sœur est née, nous avons décidé que c’est toi
qui lui trouverais un prénom. » Teddy restait muet, puis soudain il pensa
à la jolie petite fille de sa classe, la plus jolie pour lui,
Nathalie et répondit à papa : « Nathalie çà me plairait bien. »
Maman resta encore un peu à la clinique et Frédéric en cachette
entrait dans la chambre de la petite sœur et s’imaginait le bébé.

Maman revint à la maison avec un gros paquet dans les bras,
qu’elle posa doucement sur le lit, Frédéric se demandait ce qui allait sortir
de ce paquet de linges. Quand maman eut retiré une foule de vêtements
apparut une vraie poupée rose, avec des petits doigts comme un baigneur,
des petits cheveux noirs et un nez minuscule légèrement aplati.
Frédéric sourit alors, mais ne demanda pas à embrasser la petite
Nathalie pourtant il en avait grande envie.
Quelques jours plus tard, maman étant dans la cuisine,
Frédéric prit toutes ses petites voitures dans le garage, entra dans la chambre
du bébé et posa le tout sur la couverture de laine
du berceau 
en prenant soin de ne pas en poser sur les mains ni sur le visage
de la petite sœur qui dormait.
Quand arriva l’heure du biberon, maman entra
et vit son Didou assis par terre et les voitures dans le berceau,
elle demanda à son fils ce qu’il faisait tout seul dans la pièce.
« Je veille sur Nathalie pour te prévenir si elle pleure. » Maman folle de joie
prit son petit garçon dans ses bras et l’embrassa, des larmes roulaient
sur son joli visage. Frédéric ne comprit pas pourquoi maman pleurait
et il le lui demanda.
Maman l’embrassant encore expliqua que l’on pouvait pleurer de joie.
La famille comptait enfin quatre personnes qui se chérissaient.
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